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Commission d’enquête : L’empire du ridicule

Commission d’enquête : L’empire du ridicule

mardi 15 juin 2010 - 09h:59

K. Selim - Le Quotidien d’Oran


Israël vient d’annoncer la création de sa commission d’enquête sur l’assaut meurtrier perpétré par son armée sur la flottille de la paix aux premières heures du 31 mai 2010.

Cette commission sera dirigée par un juge en retraite de la Cour suprême israélienne et comprendra deux « observateurs » étrangers, qui n’auront pas le droit de voter sur les travaux et les conclusions de la commission. Les deux « étrangers » sont un ancien chef du Parti unioniste d’Ulster (pro-britannique), et un ex-avocat général de l’armée canadienne.

Il faut reconnaître aux dirigeants de Tel-Aviv une certaine franchise : l’objectif de cette structure, a en effet expliqué lundi le Premier ministre israélien : « Préserver la liberté d’action de nos soldats et prouver que nos actions étaient de caractère défensif et donc justifiées » sur le plan du droit international. Dans un bel élan unanime, Washington et Ottawa applaudissent à la création de cette commission.

Le Canada, dont la classe dirigeante est alignée sur les thèses néoconservatrices, qualifie cette commission « d’important pas en avant » et les Etats-Unis, qui démontrent chaque jour que la puissance n’empêche pas le ridicule, souhaitent que ses travaux aboutissent « rapidement ».

Cette commission, dont la mission et la composition sont une insulte à l’intelligence, est tournée en dérision en Israël même.

Des juristes israéliens ont critiqué la création d’une telle commission avant même son officialisation, la jugeant « peu crédible ». Un ancien ministre de la Justice et juriste lui-même, Amnon Rubinstein, a ainsi affirmé que « de même qu’il existe du café sans caféine, il existe des commissions d’enquête sans enquête ». Cet ancien ministre sait de quoi il parle : aucune « enquête » israélienne sur les innombrables crimes israéliens n’a jamais abouti au moindre résultat.

La Turquie, dont neuf ressortissants ont été assassinés durant le raid israélien, réaffirme quant à elle que « toute enquête menée unilatéralement par Israël n’aura pour nous aucune valeur ».

Est-il besoin de préciser que la majorité écrasante des pays qui constituent authentiquement la communauté internationale partage ce point de vue ? Le bruyant concert d’approbations occidentales est destiné à masquer autant que faire se peut l’indignation de tous ceux pour qui le droit doit fondamentalement régir les relations internationales.

Au-delà, cette rafale de soutiens est significative. Le message principal du soutien occidental à une manœuvre grossière est parfaitement reçu par l’opinion arabe et internationale : Israël peut tout commettre, il aura droit à toutes les circonstances atténuantes et, au final, sera assuré de l’impunité.

S’il est illusoire d’attendre la moindre réaction des capitales arabes, il est tout de même surprenant dans ce contexte d’apprendre que le chef de « l’autorité » de Ramallah, appuyé par l’Egypte, soutiendrait en sous-main le blocus naval de Ghaza. Tandis que de son côté, l’Arabie Saoudite sonne le tocsin, de concert avec Israël, sur les supposées mauvaises intentions nucléaires de l’Iran. Les Occidentaux peuvent donc sans états d’âme exprimer leur soutien à la tentative israélienne de maquiller ses crimes. Ils ne sont pas seuls à assumer la tragédie palestinienne.



15/06/2010

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