PerleDeDiamant

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Celui qui n’est pas contre les sectes est soupçonné d'être complice

Commentaire en réaction à l'article: Scientologie, procès d'escrocs ?

//www.lavie.fr/l-hebdo/une/article/1262-scientologie-proces-descrocs/retour/11/hash/aec5b5c154.html
(l'article est reproduit après le commentaire)

bavard bavard De Paris

mercredi, 27-05-09 19:36
Je m’excuse de la comparaison, mais l'ambiance que répand la campagne contre l'église de scientologie entre bel et bien dans la grande tradition des persécutions qui ont jalonné notre histoire : les Romains persécuteurs des Chrétiens, les luttes engagée par l’Eglise contre les minorités spirituelles dites hérétiques à commencer par les Protestants.
Tous ces mouvements en leur temps taxés de secte. Et, sujet douloureux que l’on m’accusera de comparer, la vague d’antisémitisme de la première partie du XXe siècle.
Si l’on ose dire maintenant qu’il n’y a pas de problème de secte, les anti-sectes vocifèrent, gesticulent, et jettent des anathèmes.
Le front anti-secte n’est ni à gauche, ni à droite, il est partout. De la gauche à la droite, comme l’était le mouvement antisémite. Ils hurlaient au scandale si quelqu’un avait l’audace de dire qu’il n’y avait pas de « question juive » ! Si quelqu’un disait qu’il n’y avait pas de problème avec les Juifs, c’était un traître, ou un Juif lui-même.
Ou l’on était avec ceux qui distillaient la haine, ou contre eux. Et ça, c’est la caractéristique même du totalitarisme.

Ces derniers temps, celui qui n’est pas contre les sectes est soupçonné d’être complice, ou même membre d’une secte. Au risque d’être accusé de sympathie pour les sectes, on doit prouver qu’on est bien contre. Et tout cela, au nom de la France. Car, il est interdit selon l'ex-patron de la milivude de suspecter la France d’être intolérante et de dire qu'elle ne respecte pas la liberté de religion et les droits de l'homme.
En l'affirmant les sectes démontrent qu'elles n'aiment par leur pays, leur patrie. Et voilà ! Les sectes sont des traîtres à la France ! Ça rappelle quand même de vieux souvenirs.
Et puis, c’est comme dire que la France de Pétain respectait les droits de l’homme, puisque les Juifs n’étaient pas des homme selon la définition des nazis. Mais qui en France aurait osé défendre les Juifs dans les années 40 ? Il faut du courage pour ne pas hurler avec les loups.

On va m’accuser d’utiliser la douleur de la Shoa pour défendre les « sectes ».
La Shoa, maintenant que tout est fini, on l’appelle comme ça, mais à l’époque ? C’était la Question Juive, avec un commissariat spécial pour régler ce « problème », un commissariat mis en place par l’Etat Français.
Qui, à l’époque, eut cru qu’il n’y avait pas de problème juif ? Même les moins antisémites concevaient qu’il y avait un problème juif. Qui aurait pu admettre à l’époque que quelqu’un dise « Il n’y a pas de problème juif ?

Mais comme disait Sartre, il n’y a jamais eu de question juive, mais la question de l’antisémitisme. Le problème n’était pas le Juif mais l’antisémite dont toute l’identité était basée sur sa haine du juif. Et c’était aussi son fond de commerce, sa raison d’être. Sans le Juif, l’antisémite n’est rien. Il tire sa force de ce à quoi il s’oppose. Et je suis désolé de la comparaison, mais il en est de même pour les antisectes. Même haine, même personnalité, même dévouement à une cause d’exclusion et de haine, même affirmation mensongère de servir la France.
Je veux rappeler que des gens comme René Bousquet, Louis Darquier de Pellepoix étaient des hommes qui en leur temps semblaient tout à fait acceptables, mais ils furent responsables de la déportation des Juifs de France.

Et les Français, dans leur majorité, étaient d’accord, saturés de
propagande antisémite. Il suffit de montrer des gens du doigt et d’en faire des boucs émissaires, et le brave peuple suit… « Il n’y a pas de fumée sans feu. » disent-ils, tout à leur plaisir d’être conforme, de ne pas faire partie d’une minorité stigmatisée. « Ils ont bien dû faire quelque chose si on les attaque comme ça ! »… L’histoire se répète même si l’on s’obstine à dire « ça n’est pas pareil».

La justification est que celui auquel on veut enlever ses droits ne les mérite pas. Tout comme les membres du mouvement Falun Gong en Chine, martyrisés. Et nous sommes allés à Pékin dans un pays dirigé par les pires des totalitaires, comme nous avons été à Berlin en 1935.

A quand le "commissariat à la question des sectes" mais peut-êtreexiste-t-il déjà : la Milivude.

Scientologie, procès d'escrocs ?
par Joséphine Bataille

//www.lavie.fr/l-hebdo/une/article/1262-scientologie-proces-descrocs/retour/11/hash/aec5b5c154.html

La Scientologie comparaît pour escroquerie. Ce procès révèle la difficulté de saisir le phénomène sectaire.

Le procès qui se tient, depuis le 25 mai et jusqu’au 17 juin, devant le tribunal correctionnel de Paris, est une première : l’Association spirituelle de l’Église de Scientologie, la principale organisation scientologue en France, comparait pour la première fois en tant que personne morale, avec la librairie SEL et sept de ses membres. Jugée pour « escroquerie en bande organisée », elle encourt des peines qui peuvent aller jusqu’à sa dissolution. À l’origine du procès, deux plaintes datant de 1998 – trois autres ont été retirées moyennant
négociations financières avec les scientologues. Parmi les victimes, Aude-Claire Malton, personnalité vulnérable, qui, sous la pression supposée de la secte, a dépensé plus de
21 000 €.

Si elle a acquis, aux États-Unis, le statut de religion, la Scientologie n’a à peu près rien d’un culte, mais à peu près tout d’une entreprise commerciale en « bien-être psychique » – que les adeptes appellent plutôt « éveil personnel ». L’Église s’appuie sur la « dianétique », une « science de la santé mentale », inventée par son fondateur L. Ron Hubbard, qui permettrait d’accéder au bonheur en se purifiant des
éléments mentaux négatifs. Après leur avoir proposé des tests de personnalité gratuits, l’Église incite les personnes à acquérir des « remèdes » à des tarifs exorbitants, à base de formations en communication, dianétique et « réparation de vie », de cures de vitamines (interdites à la vente libre) et de séances de sauna.

Ce positionnement sur le créneau psychologique est emblématique d’une tendance pointée par la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), dont le dernier rapport dénonce un dévoiement croissant de la démarche psychothérapeutique à des fins sectaires. « Pourtant, il ne suffit pas qu’un mouvement sorte du champ d’une définition réglementée de la
psychothérapie pour qu’on puisse l’appréhender comme une secte, estime le sociologue Arnaud Esquerre, auteur de la Manipulation mentale, sociologie des sectes en France (Fayard). En se focalisant sur l’aspect psychologique, on est impuissant à saisir le phénomène sectaire, qui
réside plutôt dans un type d’organisation – très hiérarchisé, sans souplesse, brassant beaucoup d’argent. »

De fait, ce n’est pas sur le caractère sectaire ou non de la
Scientologie que le tribunal est appelé à se prononcer. Mais sur des faits d’escroquerie. Exit la question de l’état de « sujétion psychologique » des victimes ? Le concept avait été introduit dans le code pénal en 2001, par le truchement de la loi About-Picard. Celle-ci avait les sectes en ligne de mire, mais n’a guère trouvé matière à s’appliquer jusqu’à présent, ou alors en dehors du contexte sectaire. «
Longtemps, c’est l’Église catholique qui a désigné les sectes, comme s’écartant du dogme reçu dans la religion. Aujourd’hui, on les définit comme des lieux de “manipulation mentale”, et tout l’effort étatique de lutte contre les sectes, à partir des années 1970, s’est bâti sur cette idée. Mais on s’aperçoit qu’il s’agit d’une notion à la fois très générale et bien difficile à cerner », souligne Arnaud Esquerre.

La question financière semble une accroche autrement plus efficace et pertinente au regard du code pénal pour juger d’éventuels escrocs. Que les deux plaignants présents au procès aient été acculés jusqu’à la ruine dans un engrenage destructeur et infini sera-t-il objectivement suffisant pour faire condamner le mouvement ? Le chef d’escroquerie a déjà permis de faire condamner, à titre individuel, plusieurs membres de la Scientologie, ces dernières années. Pourtant, dans le dossier qui fait aujourd’hui l’actualité, le ministère public avait requis en 2006, à la fin de l’instruction, un non- lieu pour absence de charges. De son côté, la Scientologie nie les faits et se maintient sur le registre religieux, criant pour sa défense à la persécution d’une « minorité de conscience ». « C’est un procès en hérésie, il y a une espèce d’acharnement contre l’Église de Scientologie », a déclaré Danièle Gounord, la porte-parole du mouvement.

Dans la lutte antisectes, la tendance actuelle est de viser les faits délictueux qui offrent une prise à la justice, plutôt que les mouvements susceptibles, par leur nature sectaire supposée, de les commettre. En témoigne la circulaire envoyée le 15 mai par le ministre de l’Intérieur chargé des cultes, Michèle Alliot-Marie, enjoignant les préfets à renforcer le caractère « opérationnel » de leur action, et annonçant la création à la police judiciaire d’une cellule d’assistance aux services
de police et de gendarmerie. Un croche-pied à la Miviludes et à son président, Georges Fenech, qui maintiennent une volonté affichée de référencement des groupes à risque.

En 1995, la publication d’une « liste noire » des sectes, parmi
lesquelles la Scientologie, avait déclenché la polémique. Aux plus hautes instances, donc, le débat sur la façon d’appréhender la lutte contre le phénomène sectaire continue.



06/06/2009

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