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Bochuz, cellule 166, QG d’Appel au Peuple .... Eric Cottier en prend pour son grade

Bochuz, cellule 166, QG d'Appel au Peuple

JUSTICE | Gerhard Ulrich redouble d'énergie depuis la prison. Traqueur invétéré d'abus du pouvoir judiciaire, il y purge près de quatre ans pour ses actions musclées. Devenu confident du triple meurtrier de Vevey, il s'est emparé de sa cause.

© DOMINIC FAVRE / KEYSTONE | Gerhard Ulrich poursuit sa croisade depuis sa cellule aux Etablissements pénitentiaires de la plaine de l'Orbe, où il purge près de quatre ans notamment pour calomnie.

GEORGES-MARIE BÉCHERRAZ | 25.06.2010 | 00:03

Pénitencier de Bochuz, cellule 166. C'est la nouvelle adresse figurant sur les feuilles jaunes d'Appel au Peuple, qui inondent plus que jamais le public et les autorités. L'adresse où Gerhard Ulrich, 65 ans, fondateur, président et mentor de ce groupement de traqueurs d'abus du pouvoir judiciaire, réside depuis 2008 pour près de quatre ans en pension complète. Il a été condamné notamment pour contrainte et pour calomnie dans le cadre de son combat.

Moribonde après son arrestation, l'association reprend donc du poil de la bête. Pas d'accès à internet pour les prisonniers – le vecteur préféré d'Appel au Peuple – mais la possibilité d'utiliser un ordinateur et d'envoyer des courriers fermés. Cela s'avère largement suffisant.

Un style plus retenu
Relayée par ses partisans à l'extérieur, la parole du leader rallume la croisade de dénonciation de magistrats et de procédés jugés douteux. Signés «Gerhard Ulrich, prisonnier politique par vocation», les tracts témoignent d'un style affiné par l'expérience. L'auteur y joue désormais davantage avec les mots qu'avec les propos injurieux qui lui ont valu de se trouver derrière les barreaux.

Le procureur général Eric Cottier en prend pour son grade: «Sans vous je ne serais pas placé aujourd'hui en première loge pour observer vos prestations de si près. Je regrette que nous ne puissions plus guère croiser le fer lors du drôle de troisième procès contre Appel au Peuple fixé du 5 au 7 octobre à Vevey.» Et d'ajouter: «Venez y assister, c'est gratuit et instructif.»

En équipe avec F. L.
Le hasard ou la malice a voulu qu'il fasse équipe à deux avec F. L. à l'atelier de menuiserie de Bochuz. Cri de révolte entièrement partagé: «Il est mon chef. On discute beaucoup. Il m'a raconté son histoire. Il m'a expliqué les incohérences et les manipulations de son dossier qui lui ont valu une condamnation à perpétuité. Un pur scandale! C'est le septième cas de condamnation sans preuves à une lourde peine qu'il m'a été donné de combattre depuis la fondation de mon association, il y a dix ans.» Un tract résumant son point de vue sur ce drame, désormais entre les mains de la Cour de cassation, a été distribué le mois dernier à Vevey. Offensive aussi pour l'affaire Skander Vogt: «J'étais aux premières loges pour rassembler des informations explosives, que j'utilise de façon ciblée.»

«Je vis mon incarcération comme une sorte de formation permanente. Je consacre le gros de mes journées de 19 heures, sept jours par semaine, à Appel au Peuple», a-t-il déclaré depuis la cabine téléphonique du pénitencier.

Requinqué à Bellinzone
Son acquittement, en avril dernier par le Tribunal fédéral pénal à Bellinzone, de l'accusation de contrainte à l'égard de plusieurs juges fédéraux l'a galvanisé. L'affaire remontait à 2004, lors de sa grève de la faim devant le Tribunal fédéral à Lausanne. Estimant qu'il s'en prenait davantage à l'institution qu'à leurs personnes, ces juges avaient renoncé à porter plainte pour atteinte à l'honneur. Gerhard Ulrich était revenu du Tessin auréolé d'une victoire dont on n'a sans doute pas fini d'entendre parler.

Excursion à Genève
Ce n'est pas le seul voyage qu'il aura accompli depuis Bochuz. Mardi dernier, il était à Genève. Déféré devant le Tribunal de police pour une histoire ancienne d'octogénaire interné de force pendant trois jours, après s'être énervé en lisant des données, aberrantes à ses yeux, sur la feuille de suivi diabétique de son épouse hospitalisée. Une affaire qui remonte à 2001, dans laquelle le Tribunal fédéral a ordonné qu'on lui permette de faire la preuve de sa bonne foi dans ses accusations contre le corps médical. Le verdict devrait tomber en septembre.

«En comparaison avec F. L., c'est le petit doigt de pied qu'on a pris à ce vieux monsieur! Le Veveysan accusé de triple meurtre, lui, il s'est fait couper les deux jambes et les deux bras par l'appareil judiciaire, mais cette affaire est emblématique du dysfonctionnement de la justice.» Légèrement voûté, Gerhard Ulrich est apparu amaigri à l'audience genevoise, donnant l'impression de flotter dans son complet brun. Probablement aussi parce que la police ne l'a pas autorisé à mettre la ceinture de son pantalon pour ce procès. Pas plus que sa cravate. «Une mesure inexcusable qui l'empêche de comparaître dignement!» s'est exclamé son avocat, l'ancien conseiller d'Etat genevois Christian Grobet. «Sa cause est juste et je l'accompagnerai jusqu'au bout, bénévolement», a promis le ténor du barreau à la petite troupe de fidèles d'Appel au Peuple venus, comme au bon vieux temps, ruban jaune à la boutonnière, soutenir leur leader.

http://www.pierre-mottu.ch/fr/Les-Accuses/accuse-gerhard-ulrich/accuse-gerhard-ulrich.html

Appel au Peuple :

http://www.google.ch/#hl=fr&source=hp&q=appel+au+peuple&aq=0&aqi=g10&aql=&oq=Appel+au+&gs_rfai=&fp=9db3c293b4a7d79e



25/06/2010

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