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Barack Obama accusé d’exagérer la menace terroriste à des fins politiques

Barack Obama accusé d’exagérer la menace terroriste à des fins politiques

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Posted 09 oct 2010 in nouvel ordre mondial

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French police do security checks at the Gare du Nord

La police française effectue des contrôles de sécurité à la Gare du Nord suite aux alertes de terreur des États-Unis. Photo: Franck Prevel/Getty Images

 

Un diplomate pakistanais lance une attaque cinglante contre la Maison Blanche

Les services de renseignement européens déclarent que le relèvement du niveau des alertes terroristes est « absurde »

Tisdall Simon et Richard Norton-Taylor
guardian.co.uk, Jeudi 7 Octobre 2010 17.32 BST

Une alerte à la terreur en provenance des États-Unis publiée cette semaine concernant des plans d’al-Qaida visant à attaquer des cibles en Europe occidentale était politiquement motivée et ne repose pas sur de nouvelles informations crédibles, ont déclaré des diplomates pakistanais et les services de renseignement européens au Guardian.

L’alerte non spécifique des États-Unis, qui, malgré son imprécision a amené la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays d’outre-mer à relever leurs niveaux d’alerte terroriste, a été une tentative pour justifier une escalade récente des attaques de drones et d’hélicoptères américains à l’intérieur du Pakistan qui ont « mis le pays à feu », a déclaré Wajid Shamsul Hasan, le haut-commissaire pour la Grande-Bretagne.

Hasan, un diplomate chevronné qui est proche du président du Pakistan, a suggéré que l’administration Obama essayait d’exploiter politiquement la menace terroriste avant les élections de mi-mandat au Congrès le mois prochain, où on s’attend à ce que les républicains fassent des scores importants.

 

Il a également affirmé que le président Obama a réagi à la pression afin de démontrer que sa stratégie de guerre en Afghanistan et d’augmentation des troupes cette année, qui sont impopulaires auprès du public américain, étaient nécessaires.

« Je ne vais pas nier le fait qu’il peut y avoir une dynamique politique interne, notamment avant les prochaines élections américaines de mi-mandat. Si les Américains ont des renseignements précis sur les terroristes et les membres d’al-Qaida, ils devraient nous les transmettre et nous pourrions nous en occuper nous-mêmes, » a dit Hasan.

« Ce genre de rapports est un mélange de frustrations, d’incompétence et de manque d’appréciation des réalités du terrain. Toute tentative de porter atteinte à la souveraineté du Pakistan n’apporterait pas la stabilité en Afghanistan, qui est probablement le principal objectif des forces américaines et de l’OTAN. »

Rejetant les allégations d’un complot développé, coordonné, visant la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, des responsables du renseignement européen ont également désigné du doigt les États-Unis, et plus précisément la Maison Blanche. « Rassembler [les revendications de complot terroriste] dans un récit décousu est absurde », a déclaré un officiel bien placé.

Bien qu’Abdul Jabbar, un Britannique, et d’autres tués par une frappe de drones américaine le 8 Septembre au Nord-Waziristan, dans les zones tribales du Pakistan, ont été entendus discutant de plans coordonnés, incluant d’éventuelles attaques de « style commando » contre les bâtiments importants et des sites touristiques dans les capitales européennes, les responsables de la sécurité et des renseignements ont déclaré que les plans étaient loin d’être en cours de réalisation.

Les fonctionnaires ne nient pas que les hommes, et d’autres recrues jihadistes d’origine étrangère qui voyagent dans les zones tribales à des fins d’endoctrinement et de formation, représentaient une menace potentiellement sérieuse. « Vous avez des discussions sur toutes sortes de choses – Ce qui ne signifie pas nécessairement qu’il y ait quelque chose de concret, il n’est pas facile de mettre en place des groupes », a déclaré un responsable du contre-terrorisme.

En précisant que les attaques de drones américains était préventives, et n’étaient en aucune façon dirigées contre une menace imminente, les responsables européens ont soulevé de nouvelles questions – cette fois impliquant directement un ressortissant britannique – sur la légalité de ces attaques, qui pourraient être considérées comme des assassinats.

Ils ont dit que Washington était le « maître d’oeuvre » derrière les revendications sur une série de complots de « style commando » et que la CIA – peut-être parce qu’elle était préoccupée par l’attention indésirable reçue par ses attaques de drones – était également très agacée par la publicité qui leur est donnée.

Les allégations de complot, dont les agences de renseignement occidentales étaient au courant depuis des mois, ont été divulguées la semaine dernière aux médias américains.

EIles ont été suivies par une vague de ce que les responsables de la sécurité et du renseignement ont qualifié de déclarations exagérées dans les médias britanniques, une alerte du département d’État américain recommandant aux citoyens américains d’être vigilant en cas de visite en Grande-Bretagne, France et Allemagne, une alerte du « tac au tac » de la part de la France à ses citoyens en visite au Royaume-Uni, et des alertes émises par les gouvernements suédois et japonais.

Thomas de Maizière, le ministre de l’Intérieur allemand, a exprimé publiquement son scepticisme quant à la mise en garde des États-Unis, en disant qu’il n’avait vu aucun signe d’une attaque imminente contre l’Allemagne. Il a qualifié le danger pour l’Allemagne « d’hypothétique ».

La forte hausse des attaques de drones américains sans pilote dans les zones tribales du Pakistan, couplée avec plusieurs raids transfrontaliers par des hélicoptères de combat américains qui ont abouti à l’assassinat de deux soldats du Frontier Corps la semaine dernière, déstabilisent le Pakistan, a déclaré Hasan.

« Pourquoi mettent-ils tant de pression sur nous? C’est une menace pour le système démocratique… Mais les gens au Pakistan ont l’impression que Washington s’en moque. » Les actions américaines étaient « manifestement » liées à la décision d’Obama de fixer un calendrier pour quitter l’Afghanistan. Le président américain est allé trop vite et maintenant « les Américains sont pressés ».

Il a dit que les craintes augmentaient au Pakistan que les Etats-Unis planifient une campagne de bombardement au moyen d’aéronefs à voilure fixe ainsi que de drones dans le Nord-Waziristan.

Hasan a déclaré que les politiciens de Washington n’ont pas compris à quel point les États-Unis avaient besoin du Pakistan dans la « guerre contre le terrorisme ». Ils n’ont pas conscience que la colère du public vis-à-vis des violations répétées des Etats-Unis de la souveraineté pakistanaise, pourrait se traduire par des attaques contre le personnel et les intérêts américains que le gouvernement pourrait ne pas être en mesure de contrôler.

« Le gouvernement ne veut pas en arriver là, a t-il dit. « Mais les gens se sentent abusés. S’ils [les Américains] tuent à nouveau quelqu’un, ils vont réagir. Selon certains chiffres il y aurait 3.000 militaires américains au Pakistan. Ils seraient des cibles très faciles. »

Hasan a déclaré que le personnel américain en poste à la base aérienne pakistanaise de Jacobabad, à la frontière entre les provinces du Sindh et du Baluchistan, pourrait être vulnérable si la situation se dégrade encore. Les États-Unis ont demandé à utiliser Jacobabad, et d’autres bases à Dalbandin et Pasni, après les attentats du 9/11, et ont maintenu une présence militaire depuis.

Un autre diplomate pakistanais a déclaré que Jacobabad était le principal centre d’opérations pour drones de la CIA et de l’armée américaine, qui sont ultimement contrôlés par l’Amérique. « Ils ont des hangars là-bas. C’est de là qu’ils s’envolent, et c’est là qu’ils reviennent. »

Les opérations à l’aide de drones ont commencées en Juin 2004 avec l’accord tacite, quoique réticent, et la participation des autorités pakistanaises, mais échappaient actuellement au contrôle du Pakistan, a suggéré le diplomate. « Nous les avons toujours niées dans le passé. Mais tout le monde sait ce qui se passe. Nous devons nous réveiller », a dit l’officiel.

Un responsable américain a déclaré: « Nos alliés ont été informés de la nature de la menace et des renseignements qui ont conduit à l’alerte sur les voyages, et tout le monde comprend cela ne peut être pris à la légère.

« Tenter de lui attribuer une quelconque motivation politique est erroné et irresponsable. »

Source: guardian



13/10/2010

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