PerleDeDiamant

PerleDeDiamant

Au Kosovo tout le monde est au courant de ce qui s’est passé

BERNARD KOUCHNER ET LES TRAFFICS D'ORGANES - DES JOURNALISTES SERBES L'ACCUSENT ...

Plusieurs médias serbes ont accusés Bernard Kouchner d'avoir couvert le scandale des trafics d'organes. À l'affaire de la Maison jaune, par référence à la couleur de la clinique clandestine où des organes étaient prélevés sur plus de 300 prisonniers civils serbes avant qu'ils ne soient exécutés, qui a été attestée par l'ancienne procureur du TPI Carla del Ponte dans son livre La Traque, les criminels de guerre et moi ( http://www.amazon.fr/Traque-criminels... ) 4 ans après les faits, les enquêteurs de Mme Del Ponte ont localisés la Maison jaune à Burrell (Albanie), mais n'ont pu y trouver d'indices permettant de reconstituer la filière. Le Conseil de l'Europe a fait ouvrir une nouvelle enquête.
En répondant à la presse, Bernard Kouchner ne manifeste aucune compassion pour les victimes et leurs familles.
Il choisit d'ironiser la complicité passive qu'on lui impute en niant l'existence du crime. En outre, il qualifie de "salauds et d'assassins » ceux qui colportent cette rumeur ; des propos qui incluent Carla Del Ponte.

 http://www.youtube.com/watch?v=12HXAl-hFL0

 

Le premier ministre kosovar Hashim Thaçi lié à un trafic d’organes

Le premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, serait à la tête d’un réseau criminel. ©DR
15 décembre 10 - Les faits avaient été dénoncés en 2008 par l’ex-procureur Carla Del Ponte dans un livre alors décrié. Suite à une enquête commandée par le Conseil de l’Europe, Dick Marty confirme l’existence d’une filière de trafic d’organes humains au Kosovo.

Carole Vann/InfoSud- Un trafic d’organes au coeur de l’Europe. L’évocation est tellement macabre que la communauté internationale a préféré laisser croire à la rumeur. Aujourd’hui, dans un rapport solidement documenté et qui doit être discuté ce jeudi à Strasbourg, Dick Marty confirme que des responsables de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), le mouvement indépendantiste kosovar albanais, actif à la fin des années 90, se sont livrés à un trafic d’organes prélevés sur des prisonniers serbes en 1999 et 2000.

 

« De nombreux indices semblent confirmer que […] des organes auraient été prélevés sur des prisonniers dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë (20 km au nord de Tirana), pour les transporter ensuite à l’étranger à des fins de transplantation », affirme Dick Marty. « Cette activité criminelle, qui s’est développée en profitant du chaos régnant dans la région et grâce à l’initiative de certains chefs des milices de l’UCK liés au crime organisé, s’est poursuivie, bien que sous d’autres formes, jusqu’à nos jours. »

 

Le document de 28 pages, résultat d’une investigation de deux ans, parle d’un « noyau restreint mais incroyablement puissant de personnalités de l’UÇK » impliquées, appelé « Groupe de Drenica », dont le parrain n’était autre que l’actuel premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi. L’UCK, considéré comme un allié des forces internationales, avait joué un rôle important au cours du conflit qui opposait l’OTAN à la Serbie. Parmi les membres de ce réseau criminel aux ramifications internationales, le rapport identifie une autre figure historique de l’UCK, Shaip Muja. Ce chirurgien est actuellement conseiller auprès du cabinet de Thaçi.

 

« Centre de réception dernier cri »

 

Le rapport, qui identifie quantité de personnes et de lieux, parle aussi sur territoire albanais d’un « centre de réception dernier cri pour le crime organisé du trafic d’organes. Cette structure était dessinée comme une clinique chirurgicale improvisée… Les organisateurs auraient par la suite transporté les organes humains hors d’Albanie pour les vendre à des cliniques privées étrangères. »

 

Des chauffeurs de fourgonnettes et camions ont raconté comment les détenus étaient soumis à « des formes de « traitement » ou de « tri » apparemment bizarres, et notamment à des tests sanguins… Ces tests et examens étaient pratiqués aussi bien à Rripe qu’à Fushë-Krujë… » D’après les sources, l’axe Fushë-Krujë avait été choisi pour accueillir ces établissements à cause de sa proximité avec le principal aéroport qui desservait Tirana.

 

Le rapport poursuit : « Lorsqu’il était confirmé que les chirurgiens chargés de la transplantation étaient en place et prêts à opérer, les prisonniers auraient étaient menés un à un hors du « refuge », sommairement exécutés par balle par un agent de l’UÇK et leurs corps étaient transportés rapidement à la clinique où avait lieu l’opération. »

 

Rien d’inédit dans ces révélations

 

Le gouvernement kosovar a condamné le rapport, invoquant « des faits sans fondement, inventés, avec pour objectif de nuire à l’image du Kosovo ». La nouvelle est explosive, et pourtant il n’y a rien d’inédit dans ces révélations. Dans « La traque, les criminels de guerre et moi », publié en 2008, Carla Del Ponte, l’ancienne procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) évoquait l’existence de ce même trafic. Selon son livre, 300 prisonniers auraient été transportés pendant l’été 1999 depuis le Kosovo jusqu’en Albanie. Hashim Thaçi, parmi d’autres dirigeants, y est cité. La procureur avait alors été traitée d’ « irresponsable » par son ancienne porte-parole, Florence Hartmann, qui assurait que Carla Del Ponte « n’avait pas le début d’une preuve » pour étayer ces accusations.

 

Les enquêteurs de Del Ponte avaient pourtant localisé la « Maison jaune » à Burrell (Albanie) - une clinique clandestine où les organes auraient été prélevés - mais ils n’ont pu y trouver d’indices permettant de reconstituer la filière.

 

Or aujourd’hui, c’est une véritable réhabilitation de Del Ponte qu’apporte le rapport Marty. « Nos recherches nous ont permis non seulement de confirmer ces révélations, mais aussi de les préciser et de tracer un tableau sombre et inquiétant de ce qui s’est passé et, en partie, continue à se passer au Kosovo », affirme le sénateur tessinois.

 

Silence de la communauté internationale

 

Dick Marty s’attache aussi à dénoncer le silence de la communauté internationale face à des révélations qui allaient à rebrousse-poil d’un « pragmatisme » ambiant visant avant tout à « instaurer la paix et garantir la stabilité politique de la région »… « L’émotion suscitée par les crimes effroyables commis par les forces serbes a provoqué… un climat selon lequel les uns étaient nécessairement considérés comme des bourreaux, les autres comme des victimes, donc inévitablement innocents. La réalité est plus nuancée et complexe », déclare le Tessinois. « Le silence et l’absence de réactions face à un tel scandale sont, en fait, tout aussi graves et inacceptables. Nous n’avons pas colporté de simples rumeurs, mais décrit des faits qui se fondent sur de multiples témoignages, des documents et des faits objectifs. »

 

De fait, l’investigation menée par Marty s’appuie sur une armada de sources, allant des services secrets à des témoins directs qu’il a fallu ensuite « faire disparaître » pour les protéger. Victimes ou anciens combattants, journalistes d’investigation, procureurs, fonctionnaires, policiers, membres de la société civile, mais aussi représentants d’institutions judiciaires internationales [dont la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), la mission européenne de police et de justice au Kosovo (EULEX) et le TPIY), ou d’agences humanitaires, dont le Comité International de la Croix Rouge (CICR).

 

« Au Kosovo tout le monde est au courant de ce qui s’est passé et de ce qui se passe encore, mais les gens n’en parlent pas, sinon en privé… », affirme Dick Marty qui explique ce silence par la terreur infligée à la population et un esprit clanique très marqué.

 

Cinq Kosovars inculpés

 

Le rapport tombe alors que cinq Kosovars, dont quatre médecins, étaient inculpés, en octobre, à Pristina par le Procureur spécial du Kosovo pour « trafic d’organes humains, de crime organisé et d’exercice illégal de la médecine ». Ces inculpations sont liées à un dossier de trafic international d’organes prélevés à la clinique Medicus - que Carla Del Ponte soulevait dans son livre - qui avait défrayé la chronique.

 

L’enquête, initiée en novembre 2008 par la police de la MINUK et du Kosovo, a été reprise par les policiers européens d’EULEX. Les journaux avaient alors expliqué que les « donneurs dans une détresse financière grave » venaient de Moldavie, du Kazakhstan, de Russie, de Turquie. Ils étaient amenés à Pristina, où leur était proposé environ 20’000 francs pour l’ablation d’un rein. Les clients potentiels, eux, pouvaient acheter ces organes entre 100’000 à 130’000 francs. Selon The Guardian, le procès a démarré mercredi à Pristina.



16/12/2010

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3 autres membres