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«Antidépresseurs : mensonges sur ordonnance»,

Tuerie de Pouzauges : un antidépresseur mis en cause

Mots clés : Meurtres, Antidépresseurs, Crime, Pouzauges, Vendée, Emmanuel Bécaud

Par Flore Galaud
02/07/2010 | Mise à jour : 16:10
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Des gendarmes en faction devant la maison du docteur Emmanuel Bécaud, à Pouzauges, en Vendée, là où s'est déroulé la tuerie.
Des gendarmes en faction devant la maison du docteur Emmanuel Bécaud, à Pouzauges, en Vendée, là où s'est déroulé la tuerie. Crédits photo : AFP

Le médecin, soupçonné d'avoir massacré le 31 mai dernier sa femme et ses 4 enfants avant de se donner la mort, pourrait avoir eu un coup de folie déclenché par un médicament.

Emmanuel Bécaud, médecin de province sans histoire, était-il en pleine possession de ses moyens au moment où il a tué sa famille ? Plus d'un mois après les faits, un nouvel élément vient relancer l'enquête sur cette tuerie survenue le 31 mai dernier à Pouzauges, petite commune de Vendée. Selon Le Parisien, les enquêteurs privilégient désormais l'hypothèse d'un antidépresseur - la sertraline - pour expliquer le coup de folie du médecin, qui a abattu sa femme et quatre enfants avant de se suicider. Une première en France.

«Nous n'avons pas trouvé trace d'autres produits dans son organisme, indique une source proche de l'enquête au quotidien. On soupçonne ce médicament d'avoir été l'étincelle qui a mis le feu aux poudres et a déclenché le massacre». La sertraline se vend le plus souvent sous la marque Zoloft. Les enquêteurs ignorent, pour l'heure, depuis combien de temps le médecin de 34 ans, «surmené» selon son entourage, prenait ce médicament. Mais le dosage était à «dose thérapeutique, et sans excès», précise la source.

Les déclarations du procureur Xavier Pavageau:

Plus d'infos en vidéo sur itélé.fr

Certains sujets peuvent «perdre les pédales»

L'hypothèse selon laquelle ce type de médicament peut provoquer un coup de folie a déjà été prise au sérieux dans plusieurs affaires criminelles survenues à l'étranger. En juin 2001, une cour américaine condamnait ainsi le laboratoire SmithKline Beecham, propriétaire de l'antidépresseur Deroxat, à verser 6,4 millions de dollars aux proches des victimes de Don Shell, un homme sous antidépresseur qui avait tué toute sa famille avant de se suicider dans le Wyoming. Trois ans plus tard, un tribunal australien accordait des «circonstances atténuantes» à une jeune femme qui avait tenté de tuer ses enfants avant d'essayer de mettre fin à ses jours.

D'après Guy Hugnet, ancien cadre dans l'industrie pharmaceutique auteur du livre «Antidépresseurs : mensonges sur ordonnance», ces affaires ont permis de révéler des études scientifiques qui indiquent bien que certains patients peuvent être en proie à des «agitations sévères» qui amènent à «perdre les pédales». Un phénomène appelé l'akathisie, indique-t-il au Parisien. Les antidépresseurs mis en cause sont appelés IRS (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine). Parmi eux, on trouve notamment le Zoloft , le Deroxat, le Seropram mais aussi le très célèbre Prozac. «En France (...), ils sont prescrits comme des petits pains alors que les médecins sont sous-informés des risques», estime Guy Hugnet. La France détient en effet le record du monde de prises d'antidépresseurs : 5 millions de Français avouent en consommer régulièrement.



02/07/2010

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