PerleDeDiamant

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A Paris, le premier ministre turc campe sur ses positions à propos de l'Iran et d'Israël

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( On mettra de côté le ton railleur de l'auteur de cet article, et on soulignera la détermination de M. Erdogan à dire haut est fort ce qui est vrai. Et il n'y a pas que "l'opinion musulmane" qui voit Israël sous son vrai jour, de nombreuses personnes réalisent enfin ce que les médias nous ont cachés depuis trop longtemps. Merci M. Erdogan. PDD )

La Turquie a sa propre vision des questions de sécurité internationale. Sur l'Iran, le Moyen-Orient, la prolifération nucléaire, elle se fait le porte-voix d'une opinion musulmane qui voit en Israël le principal fauteur de troubles. Pays membre de l'OTAN et candidat à l'Union européenne, dirigé depuis 2002 par les "islamistes modérés" du Parti de la justice et du développement (AKP), la Turquie diversifie ses attaches diplomatiques et se glisse dans le camp des pays du "Sud". Celui des pays qui entendent faire front contre des Occidentaux en mai, lors de la conférence d'examen du traité de non-prolifération (TNP) de 1968, clef de voûte de l'ordre mondial en matière nucléaire.

Cet affichage d'émancipation de l'allié turc était bien manifeste lors de la visite à Paris, mercredi 7 avril, du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, accompagné de son ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, l'idéologue d'une diplomatie de puissance régionale émergente et ambitieuse. Lors d'une rencontre avec la presse dans un hôtel parisien, quelques heures avant son déjeuner avec Nicolas Sarkozy à l'Elysée, le premier ministre turc a martelé son message. Qui différait de l'approche française sur plusieurs enjeux majeurs.

A propos d'Israël. "Israël est la principale menace aujourd'hui sur la paix régionale", déclare M. Erdogan, devenu coutumier de ce type de diatribe depuis la guerre de Gaza (décembre 2008-janvier 2009). Il dénonce la "politique de provocations permanentes" des constructions de colonies et interpelle : "Lisez le rapport Goldstone, c'est un juif et son rapport est clair !", en parlant de l'enquête commanditée par l'ONU sur l'offensive israélienne sur Gaza.

A propos de l'Iran. Ce pays, commente M. Erdogan dit "que son programme nucléaire est uniquement civil. L'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique, le bras de vérification de l'ONU) parle de probabilités. On ne peut pas mettre un pays en accusation sur la base de probabilités".

( si..si...ils l'ont fait pour l'Irak !!! )

Et de déployer tout un argumentaire qui préfigure les débats de la conférence du TNP. "Israël possède l'arme nucléaire mais n'adhère pas au TNP", observe ainsi M. Erdogan. "Est-ce que cela veut dire que ceux qui n'ont pas signé le TNP sont dans une position privilégiée ?" interroge-t-il, à moitié ironique.

Un interlocuteur difficile pour Nicolas Sarkozy. Or la Turquie, membre du G20, compte. D'autant plus qu'elle siège actuellement au Conseil de sécurité de l'ONU, et que sa coopération est recherchée pour parvenir à une résolution de sanctions contre l'Iran, nouvelle étape des efforts diplomatiques menés par Barack Obama et les Européens pour tenter d'enrayer la course nucléaire de l'Iran et ses potentiels corollaires régionaux. C'est d'ailleurs un des grands non-dits de la visite à Paris de M. Erdogan : la Turquie, si d'aventure l'Iran se nucléarisait, pourrait-elle être tentée de suivre le même chemin comme le pensent certains experts ?

M. Erdogan faisait étape en France avant de se rendre à Washington au sommet sur la sécurité nucléaire organisé par M. Obama. (1) Il a recueilli de Nicolas Sarkozy une réponse positive à l'invitation de se rendre en visite bilatérale en Turquie, une vieille proposition faite par Ankara aux chefs d'Etat français depuis l'époque du général De Gaulle, mais à laquelle aucun, pas même Jacques Chirac, n'avait donné satisfaction. Face à de grandes incertitudes stratégiques, une éclaircie est-elle possible avec Nicolas Sarkozy, qui, vu d'Ankara, réduit la Turquie à un thème-repoussoir auprès de l'électorat français ? Les deux dirigeants se sont abstenus de tenir une conférence de presse à l'issue de leur discussion.

Natalie Nougayrède
 
(1) Poudre aux yeux
 

Le Premier ministre turc à Paris : l’escale du parler vrai

Pays star de la saison culturelle française qui vient de s’achever, la Turquie laïque et aux velléités européennes a marqué sa différence, lors de l’escale fracassante de son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, hôte de marque de l’hôte français de l’Elysée.

Le tapis rouge de la République avait beau être déroulé sous ses pieds, l’homme fort d’Ankara n’a pas pour autant brossé dans le sens du poil, diplomatique, Nicolas Sarkozy, dont le champ de vision européen, obstrué par un horizon très limité, ne s’étend pas jusqu’au Bosphore.

Une visite, qui a choisi sa tonalité, le parler vrai, et son registre : un gros coup de semonce fustigeant Israël et la marche forcée vers la pénalisation du voile intégral.

Une visite, qui sans nul doute aura frappé les esprits les plus chagrins du pouvoir, notamment lorsqu’Israël a été qualifié de «  principale menace pour la paix régionale » par un Recep Tayyip Erdogan très remonté, déclarant : "Si un pays fait usage d’une force disproportionnée, en Palestine, à Gaza, utilise des bombes au phosphore, nous n’allons pas dire bravo. Nous lui demandons comment il peut agir de la sorte", avant de renchérir : "Il y a eu une attaque qui a fait 1.500 morts (à Gaza) et les motifs invoqués sont des mensonges".

Loin de circonscrire son intervention à la politique israélienne, le Premier ministre turc a brisé d’un coup le ronronnement d’un consensus franco-français pétri de certitudes et replié sur un ultra-protectionnisme, en critiquant sans détour le refus de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, au sujet de laquelle Nicolas Sarkozy, il y a peu, jetait de l’huile sur le feu en lançant : « Si la Turquie était européenne, ça se saurait », la politique à l’égard de l’Iran, mais également la frénésie législative anti-voile intégral.

Ainsi, ce dernier a fait part de sa stupeur face à l’ampleur passionnelle d’un tel débat dans un pays laïc par excellence, confiant : « La France est l’un des points d’ancrage les plus importants de la laïcité. Il y a six millions de musulmans en France. Chacun a ses propres croyances et s’habille à sa façon". Fermez le ban !

Alors que l’escale Elyséenne de Recep Erdogan avait pour objectif de défendre l’entrée de son pays dans l’UE, celui-ci n’a rien concédé, et surtout pas les sujets brûlants, pomme de discorde fondamentale, qui donnent un tout autre relief au grand dessein européen.

//oumma.com/Le-Premier-ministre-turc-a-Paris-l

 


08/04/2010

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